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Revoici Rochambeau !

Un peu d’histoire:

LE QUARTIER ROCHAMBEAU

L’abbaye bénédictine de la Trinité de Vendôme possède de nombreuses terres, église et bâtiments. En 1791, les bâtiments sont mis en vente, dont notamment les bâtiments comprenant le tribunal, les prisons et la sous-préfecture.

C’est en 1802 que s’établit un quartier de cavalerie, prenant le nom de quartier Rochambeau en 1886.

Comme les bâtiments sont occupés par un Régiment de Cavalerie on emploie le terme de “Quartier” ainsi que pour ceux occupé par l’Artillerie. S’il s’agit d’un autre type de régiment, on emploie le terme “Caserne”.
Comme les Cavaliers ont un “Étendard” et l’Infanterie a un “Drapeau”

Près de trente bâtiments (écuries, manèges, magasins…) vont être progressivement construits.

Le manège situé au milieu du quartier a été créé pour accueillir justement des régiments de cavalerie qui se sont succédait, et la nécessité d’un grand bâtiment est apparue dès l’origine du projet.
La charpente a été conçue selon le système inventé en 1837 par l’ingénieur Polonceau, associant des éléments de bois, de fer et de fonte. Très peu de charpentes de ce style subsistent encore, elle est la seule en relativement bon état en région centre.

Le manège et les écuries étaient protégés derrière une barrière et un portail clos qui fermaient l’extrémité sud du “Pont au fumier”. Ces belles constructions en matériaux nobles datant de Napoléon III et du début de la 3ème République, bénéficiaient à l’époque d’un entretien sans faille.

Le 20e Chasseurs à cheval, réformé en 1873 à Rambouillet y vient établir ses quartiers au début des années 1900. Ce régiment est décimé en 1914 et termine la liste des régiments stationnés à Vendôme.

La gendarmerie, dernier occupant des lieux, est réinstallée à proximité immédiate, depuis 1996.

« Reconquérir l’attractivité et la vitalité économique du centre-ville est un des projets prioritaires du mandat » rappelle Laurent Brillard, Maire de Vendôme. Pour un investissement total de 4,9 millions d’euros, la requalification du quartier Rochambeau participe à ce dynamisme. Longtemps délaissé et en friches, c’est par la culture que ce quartier emblématique a commencé à revivre. L’arrivée des promenades photographiques puis de Ciclic, a permis à ce quartier déserté de commencer à retrouver une place, une utilité.

Laurent Brillard ajoute « grand projet de par ses enjeux, sa complexité et son budget, il était tout naturel que Benoît Gardrat, adjoint délégué aux grands projets, en pilote la réalisation. Un exercice accompli durant 5 ans pour livrer aux Vendômois dans le planning annoncé, un quartier totalement rénové et accueillant ».

Auparavant, plusieurs études d’aménagement ont été réalisées mais aucune ne s’est concrétisée. Le projet est à l’arrêt pendant de nombreuses années avant d’être finalement repris à bras-le-corps en 2014 par la municipalité, qui en fait une priorité du mandat. Sur la base d’un nouveau cahier des charges ambitieux, c’est aujourd’hui un quartier urbain mixte (activités, équipements) à connotation économique et culturelle.

L’ouverture des jardins début juin représente une étape importante dans la valorisation de l’image et l’animation du site. C’est une porte d’entrée et un poumon du centre-ville.

Riche de son histoire et de son patrimoine, que les diagnostics archéologiques menés au lancement des travaux ont permis d’éclairer et de compléter, « le quartier se tourne à présent vers un nouvel avenir avec des atouts qui ont convaincu Louis Vuitton de venir s’y installer » conclut Laurent Brillard.

Revoici Rochambeau

A travers le projet urbain de transformation du quartier Rochambeau la municipalité entendait faire de ce site délaissé et enclavé (friche et stationnement) un point d’entrée du centre-ville, ses activités et services, mettant en valeur le patrimoine architectural et naturel. Le quartier devient aujourd’hui l’un des moteurs culturel et économique de la ville par la création d’espaces de rencontre, de détente et d’activités.

Benoît Gardrat, maire-adjoint en charge des grands projets rappelle que « pour mener ce projet ambitieux, et imaginer la requalification des espaces publics et des bâtiments répertoriés aux Monuments Historiques, la commune a établi en 2014 un nouveau cahier des charges avec l’agence ZCCS (anciennement UP). Après consultation, les premiers travaux d’aménagement et de démolition des bâtiments de la gendarmerie commencent en 2015. En parallèle de cette requalification des espaces publics, la commune travaille dans le cadre d’un urbanisme négocié, avec des porteurs de projet privés, qui amènent de nouveaux programmes d’activités.

Les fonctions proposées dans le quartier Rochambeau ont été déterminées dans l’optique d’améliorer l’offre du centre-ville tout en proposant un stationnement gratuit important avec 322 places (dont 82 nouvelles places) qui permet de soutenir le commerce du centre-ville et d’éviter sa délocalisation en périphérie. Ce parti pris de maintenir une activité diversifiée porte ses fruits puisque le centre-ville vendômois est vivant et renforcé par ce « poumon ». Le renouvellement urbain a permis d’attirer de nouvelles entreprises et activités ».

L’implantation du groupe LVMH dans le quartier est le meilleur symbole du bien-fondé du projet. C’est la qualité de la requalification du quartier et des espaces publics qui a convaincu Louis Vuitton d’y installer son pôle d’excellence des cuirs précieux. À terme, 180 emplois directs seront créés, toute une économie en centre-ville.

L’essor du quartier Rochambeau est également soutenu par une riche activité culturelle, impulsée par le studio de réalisation de films d’animations Ciclic (primés aux Oscars notamment). Ce pôle culturel est renforcé par la présence, à proximité de l’école de musique, d’une scène de spectacle conventionnée, le Minotaure, d’un musée et d’un Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine (CIAP).

À terme, le quartier sera également un lieu de vie avec la création d’une résidence services senior de 104 logements. Ses habitants seront notamment des clients directs des commerces du centre-ville.

« Le panel d’activités économiques  créé par la requalification du quartier est large. La requalification urbaine a véritablement insufflé une nouvelle dynamique dans  la ville » conclut Benoît Gardrat.

Un accès au centre-ville facilité

Garantir un stationnement de proximité et gratuit faisait partie du cahier des charges du programme d’aménagement du quartier. Enjeu majeur pour l’accès à l’hyper-centre, à ses activités et commerces, le parking Rochambeau a été réorganisé pour permettre l’augmentation de l’offre de stationnement, créer un arrêt pour les cars touristiques, faciliter les accès en simplifiant le plan de circulation. L’allée de Yorktown, désaffectée est rendue aux piétons et aux vélos.

Un parti pris gagnant !

Une esplanade au pied du bâtiment Régence

Nouveauté de taille, l’esplanade créée, s’étire tout le long du bâtiment Régence pour une mise en valeur de cet immeuble majestueux du quartier Rochambeau. La vue depuis le château, aujourd’hui dégagée fait redécouvrir l’architecture du quartier, ses bâtiments classés et inscrits.

Cette esplanade bénéficie d’un traitement hautement qualitatif qui répond aux prescriptions de l’Architecte des Bâtiments de France.

Piétonne, elle constitue le lien privilégié des piétons entre le parking et le centre-ville par le porche, dorénavant interdit aux voitures. Prolongée par un espace détente en direction du Loir, son aménagement a été conçu pour permettre l’organisation de grandes manifestations et spectacles. Sa structure autorise l’accueil de poids lourds, d’équipements importants et les réseaux ont été redimensionnés pour garantir le plus de fonctionnalités possibles et accueillir différents formats d’événements. D’une superficie presque aussi grande que la place Saint Martin, elle constitue un lieu de vie et d’animation du centre-ville en devenir

Un nouvel espace paysagé

Pour améliorer les espaces verts du site, les berges du Loir ont été retravaillées en 2015 sur la partie Est avec la mise en place d’une promenade en stabilisé, qui est prolongée dans le cadre des nouveaux aménagements.

Benoît Gardrat explique la démarche : « De nombreux petits salons ponctuent le jardin paysagé et créent des espaces de vie avec une vue sur le château de Vendôme et les coteaux boisés le long de la promenade du Loir. Ils sont ouverts depuis le début du mois et le resteront jusqu’au lancement de la prochaine phase de travaux à l’automne destinée à réhabiliter le bâtiment voisin qui accueillera les équipements techniques du quartier.

Cet aménagement a été permis par la libération de l’espace occupé jusqu’en 2015 par les 2 bâtiments à l’abandon de l’ancienne gendarmerie ; une démolition intervenue courant 2015 qui constitue le premier acte fort de reconquête du quartier et le début d’un nouveau visage ».

L’esplanade restera dégagée afin de pouvoir accueillir différents formats d’évènements.

Un des intangibles du projet était de recréer un espace végétal croissant du bâtiment Régence vers le Loir, tout en préservant la structure paysagère militaire est-ouest par le maintien des alignements de platanes, arbre historique du quartier Rochambeau.

Les espaces verts sont légèrement en creux d’une dizaine de centimètres afin de ralentir le ruissellement des eaux de pluies. L’espèce de platane choisie est le celle d’Orient (Platanus orientalis), au tronc très clair, et dont le feuillage très découpé apporte une grande légèreté à son ombre et à sa couronne. De part et d’autre du Grand Manège, en raison de la proximité des bâtiments de la gendarmerie et de la résidence séniors, l’espèce est déclinée dans sa variété Minaret.

L’alignement qui borde la rue des Tanneurs est constitué de frênes pour évoquer le Loir tout proche, dans une variété prenant de très belles couleurs d’automne.

Dans la partie de l’aménagement la plus proche du Loir, les plantations s’inscrivent aussi dans la recherche de cette ambiance typique des bords de cours d’eau ; les espèces plantées sont des saules, des aulnes et à nouveau des frênes.

Une strate de cépées, petits arbres ramifiés dès la base sur plusieurs troncs, est composée de plusieurs espèces ornementales de cerisiers à fleurs, de magnolias et de petits chênes persistants.

Les différents massifs des jardins, du parking et des noues sont plantés d’une sélection de plantes vivaces et de graminées capables d’offrir une très longue période de floraison (mars à novembre).

Une réhabilitation rendue possible grâce à la mobilisation d’une ingénierie interne

Depuis 2016, la collectivité a repris, en régie, la gestion du projet avec Benoît Gardrat comme pilote. Une nouvelle manière de travailler pour l’ensemble des agents que nous raconte Laurent Brillard, maire de Vendôme.

Pourquoi avoir fait ce choix de confier la gestion du projet directement aux services?

Premièrement car nous avons une entière confiance en nos services et sommes conscients de leurs compétences. C’est assez rare d’avoir des services qui reprennent en direct la coordination d’un projet de cette complexité car le plus souvent, les collectivités n’ont pas l’expertise nécessaire en interne. À Vendôme, nous savions qu’il était possible de faire émerger un pôle projet avec la direction de l’urbanisme aux commandes. Elle qui avait le rôle de chef d’orchestre, devait anticiper, être dans les bonnes temporalités, coordonner l’ensemble des acteurs…

Une belle valorisation pour les équipes

Complètement. Certains agents m’ont confié que c’était le projet de leur carrière ! Travailler sur la requalification d’un site d’une telle ampleur, c’est un vrai challenge ! Le projet était plus qu’attendu par les vendômois. Grâce au travail partenarial mené avec l’ensemble des directions, je pense que le résultat est à la hauteur de nos attentes. Nous avons d’ailleurs eu des retours très positifs des vendômois concernant la qualité de la gestion et du suivi du calendrier par nos équipes.

D’autant plus que c’est un projet qui comporte quelques contraintes

Une des premières complexités était de réussir à coordonner et tenir compte de l’ensemble des acteurs qui intervenaient dans ce projet : le service départemental de l’architecture et du Patrimoine (SDAP, dirigé par l’Architecte des Bâtiments de France), la conservation régionale des monuments historiques (CRMH), le service régional de l’archéologie (SRA)… Ici, le rôle de chef de projet de l’urbanisme a vraiment permis de coordonner tous ces interlocuteurs.

De plus, le quartier Rochambeau possède un cadre historique remarquable, il fallait que le projet de réaménagement s’inscrive dans cet héritage. Notre premier objectif a été de respecter l’histoire de ce quartier et de valoriser son cadre patrimonial. Le projet comportait dès le démarrage des intangibles qui nous ont guidé : mettre en valeur le bâtiment Régence, travailler les liaisons transversales, infiltrer la végétation des berges et étirer le site.

La Direction de l’urbanisme a travaillé en mode projet auprès de Benoît Gardrat et en lien avec les différentes directions de la voirie et de l’éclairage public, de l’environnement et des espaces verts, du cycle de l’eau, du patrimoine et de l’efficacité énergétique, de la conception du projet à la livraison des travaux. Plusieurs autres services ont également participé activement au projet, comme la direction du développement économique qui fait le lien avec les porteurs de projets (mais aussi au titre du patrimoine et tourisme), la direction de la logistique et des manifestations qui a permis le déménagement des associations (Société archéologique du Vendômois, Accueil des Villes Françaises –AVF-, la Wish Théâtre de l’aparté ou encore Images et Sons pour ne citer qu’eux), ainsi que la direction de la communication pour son lien avec les associations ou pour la conception des panneaux d’informations.

Sources: Magazine de la ville – Juillet 2019

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Armel

Vice-Président de l'association et Webmaster du site

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