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Une étude pour redonner vie au Château

Un peu d’histoire

La plus ancienne tour du château remonte au XIe siècle. De forme quadrangulaire,  elle contrôlait l’angle nord-ouest du promontoire rocheux au-dessus de Vendôme (ses fondations sont dans une propriété privée souvent ouvertes aux journées du patrimoine). L’enceinte médiévale, dont  les murs sont encore en partie visibles, date du XIIe siècle. La tour de Poitiers, tour maîtresse, domine toujours par sa taille, cet ancien dispositif renforcé au XIVe siècle.

Inscrit dans l’histoire de Vendôme, des comtes puis ducs de Vendôme, la forteresse est également inscrite dans l’histoire de France.

En effet, le château a accueilli pendant deux mois le procès d’un des pairs de France.

En 1458, le roi de France Charles VII y  fait dresser un « lit de justice ». Le comte d’Alençon y est condamné pour collusion avec les Anglais. En accueillant ce tribunal, le comte de Vendôme Jean VIII marque ainsi sa fidélité et son soutien au roi.

En 1514, le comté devient duché. Le château est profondément remanié au XVIIe siècle  par le duc César de Vendôme (dernier duc à résider à Vendôme). Une gravure du château au XVIIe siècle permet de visualiser l’ampleur des aménagements qu’il a commandé, il fait notamment réaliser une rampe d’accès et une porte d’entrée pour ouvrir le château vers l’extérieur. Délaissé par les ducs de Vendôme, le château est rattaché à la couronne en 1712 mais n’en obtient pas plus d’attention. Déclaré bien national à la Révolution française, la ruine du château est confirmée par sa vente à divers propriétaires en 1791. Grâce à une souscription, le château est racheté en 1819 par le Comte Armand de Beaumont, alors sous-préfet de Vendôme, pour en faire un don à la collectivité.

L’ancienne collégiale Saint-Georges:
La collégiale du château abritait, de sa fondation au XIe siècle jusqu’au XVIIe siècle, les tombeaux des comtes et ducs de Vendôme, notamment ceux de Jeanne d’Albret .

Les historiens datent de la fin du XVIIe siècle, après le décès de César de Vendôme, le début du déclin du château de Vendôme. C’est le moment où les ducs de Vendôme commencèrent à délaisser le majestueux édifice dominant la ville et patiemment construit et transformé durant plus de huit siècles. La Révolution française acheva le démantèlement de cette ancienne forteresse, berceau des Bourbons Vendôme en la transformant en carrière de pierres.

Le XIXe siècle voit un regain d’intérêt sur le château en l’inscrivant sur la première liste des monuments historiques en 1840 et en y dessinant les allées sinueuses d’un parc d’agrément marqué par la silhouette du cèdre du Liban planté vers 1807. En 2001, les vestiges subirent l’effondrement d’une tour du château qui lança des travaux de sécurisation et confortement.

« La ville a récemment décidé d’engager une étude pour disposer d’une expertise qualifiée et actualisée sur les besoins de sécurisation et de conservation sur l’ensemble du site. » explique Christian Loiseau maire-adjoint en charge du Patrimoine « Cette étude a permis d’établir un état des lieux de la forteresse pour connaître son état et permettant ainsi de programmer les travaux en fonction des urgences que nécessitent les vestiges. L’objectif final est de sécuriser, puis valoriser le château, en accompagnement de ce que fait déjà l’association Château de Vendôme Berceau des Bourbon. »

L’étude et le programme de travaux, confiés à une architecte du patrimoine, Maël de Quelen, préconisent trois phases d’interventions : travaux de sécurisation d’urgence, travaux de renforcement et restauration et enfin la valorisation des vestiges et du site en vue de son développement culturel et touristique.

« La première phase consiste à établir les périmètres des futures zones de chantier en mettant le public à distance des premières zones d’intervention » indique Christian Loiseau « dans un second temps nous pourrons alors envisager les différentes interventions » La phase 2 comprend les mesures de conservation, notamment des tours qui dominent la ville et les murs de terrassement. Ces travaux, plutôt de l’ordre de l’entretien consistent à reprendre les maçonneries, enlever la végétation des parements et rejointoyer les maçonneries.

Une attention particulière portée au châtelet:

« L’ancien châtelet d’entrée dans le château [la forteresse] nécessite une importante intervention  »  explique Christian Loiseau

« ces tours dont il ne reste que des pans de murs sont directement fixées sur le rocher. Leur proximité avec l’extrémité du coteau nécessite de conforter et consolider les maçonneries en recréant de solides bases. Ces travaux permettront de redonner une cohésion à cette partie très en ruine. »

La technique utilisée est celle du frettage, c’est-à-dire un cerclage métallique permettant d’armer la maçonnerie en les entourant de ceintures en métal. Elle permettra de reconstituer une base de maçonnerie stable et lier les parties de maçonnerie les plus faibles, aux plus stables.

Restauration et conservation de la tour de Poitiers:

La tour présente une grosse brèche à son sommet. La première étape est de sécuriser la voûte avec un cintre en bois afin de reprendre ensuite les maçonneries. Une toiture provisoire sera également créée, mettant la tour hors d’eau et permettant ainsi les interventions nécessaires sans qu’elle soit dégradée.

« La sécurisation de la tour permettra également aux archéologues d’intervenir pour effectuer des relevés et des études, ce qui n’a jamais été fait scientifiquement » ajoute Christian Loiseau.

La phase 3 liste plusieurs propositions de valorisationdusite :créationd’uncheminement au pied des tours et des courtines (murs d’enceinte du château) ou encore ouverture au public de la tour de Poitiers. « L’idée est de faire comprendre aux visiteurs, le château médiéval qui a occupé une place forte dans l’histoire de Vendôme et dans l’histoire de France » indique Christian Loiseau.

À l’heure actuelle, aucun calendrier d’intervention n’a encore été établi « il dépend aujourd’hui de la validation de cette étude et des préconisations par la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) et les instances des monuments historiques et archéologiques, mais on sait déjà qu’il faudra 2 ans pour réaliser la phase 1 et au moins 4 ans pour la phase 2. Quant à la phase 3, difficile de l’inscrire dans le temps. Elle dépendra notamment des différents financements que nous pourrons obtenir pour réaliser les travaux, une démarche de mécénat est d’ailleurs en cours sur ce projet » conclut Christian Loiseau.

Chiffrage global:
Phases 1 et 2 + plateforme d’accès aux courtines :

2 100 000 euros HT

 

Sources: Magazine de la ville – Juillet 2019

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Armel

Vice-Président de l'association et Webmaster du site

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Claudine
Claudine
1 année il y a

Très intéressant de connaître les projets futurs ..

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